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Odoo

Odoo e-commerce : bien choisir ses catégories et maîtriser la navigation à facettes

Renaud De Harlez, le jongleur digital

Odoo séduit de plus en plus de PME belges pour leur site et leur e-shop. Mais la plupart de ces boutiques partent avec les mêmes angles morts SEO, et le sujet reste très peu documenté.

Quand une boutique Odoo ne décolle pas sur Google, le réflexe est de retravailler les fiches produit une à une. C’est méritant mais, la plupart du temps, mal ciblé et franchement inutile d’un point de vue SEO. Le vrai levier se trouve un étage plus haut : dans vos catégories. Et le vrai frein est souvent invisible : les milliers de pages que vos filtres fabriquent sans que vous le sachiez. Voici comment reprendre la main sur les deux.

Un guide en deux volets. Ce volet 1, co-écrit avec Nexuro, traite de l’architecture de votre e-shop : catégories et navigation à facettes. Le volet 2, publié chez Nexuro, traite de l’indexation et du crawl : sitemap, robots.txt, crawlers IA.

En bref

  • Sur un e-shop, ce sont les pages catégories qui ont le plus de potentiel SEO, bien plus que les fiches produit prises une à une.
  • Une bonne arborescence part de ce que vos clients cherchent, pas de l’organisation de votre stock.
  • Sur Odoo, chaque filtre activé crée une nouvelle URL : une seule catégorie peut en générer des milliers.
  • Une page en noindex n’est pas indexée, mais Google continue de la visiter. Noindex ne veut pas dire « ne pas crawler ».
  • Un filtre que vos clients recherchent vraiment doit devenir une vraie catégorie.
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1. Pourquoi les catégories sont le cœur du SEO d’un e-shop Odoo

Une fiche produit vise une requête très précise, souvent une référence ou un modèle. Elle a aussi une durée de vie courte : rupture de stock, fin de série, nouvelle collection. Tout le travail SEO investi dessus peut disparaître avec le produit.

Une page catégorie joue dans une autre division. Elle répond à des requêtes plus larges et plus stables, celles que tape un client qui ne sait pas encore quel produit il veut : « chaussures de trail femme », « poêle à pellets », « luminaire extérieur ». C’est là que se trouve le volume de recherche, et c’est là que se joue la découverte de votre boutique.

La catégorie concentre aussi la force de votre site. Elle est reliée au menu, au fil d’Ariane, à chaque fiche produit qu’elle contient. Sur Odoo, elle dispose de sa propre URL (du type /shop/category/nom-de-la-categorie-12) et Odoo la génère automatiquement à partir de la grille de produits. Automatiquement, c’est bien le problème : une page générée sans réflexion est une page qui n’a pas été pensée pour Google.

Autrement dit, votre arborescence n’est pas un simple rangement. C’est la carte que vous tendez à Google pour lui dire sur quoi vous voulez être trouvé. Et cette arborescence se retrouve directement dans la structuration de votre menu. Retrouvez ma vidéo sur le sujet : voir la vidéo.

Architecture d’un e-shop Odoo : catégories et indexation

2. Catégorie e-commerce ou catégorie de produit : la confusion n°1 sur Odoo

Odoo gère deux systèmes de catégories qui portent presque le même nom et n’ont rien à voir.

  • La catégorie de produit (interne). Elle sert à la comptabilité, à la valorisation du stock et aux règles logistiques. Chaque produit en a une seule. Elle est pensée pour votre comptable, pas pour vos clients.
  • La catégorie e-commerce (publique). C’est elle qui structure la boutique en ligne : menu, filtres par catégorie, URL /shop/category/…. Un produit peut en avoir plusieurs. Elle se gère dans Site web → eCommerce → Catégories.

Le symptôme est facile à repérer : une boutique dont l’arborescence publique copie la logique interne. On y trouve des catégories comme « Marchandises », « Revente » ou « Divers ». Aucun client ne cherche « Divers » sur Google.

La correction tient en une règle : construisez vos catégories e-commerce indépendamment de vos catégories internes. Les deux peuvent coexister sans se gêner. C’est même tout l’intérêt d’avoir deux systèmes : votre comptabilité garde sa logique, votre boutique adopte celle de vos clients.

3. Comment choisir les bonnes catégories sur Odoo

Une bonne arborescence ne s’invente pas en réunion. Elle se déduit de ce que vos clients tapent réellement, via une analyse SEO, et de ce que votre catalogue peut honnêtement leur offrir.

Partir de la demande, pas du catalogue

Première étape : la recherche de mots-clés, afin d’identifier les mots réellement tapés par vos clients potentiels. Nous pouvons les trouver grâce à des outils comme Semrush, mais aussi via l’analyse concurrentielle et l’analyse de vos données existantes, présentes dans la Google Search Console.

Garder une arborescence courte

Deux à trois niveaux suffisent dans la grande majorité des boutiques. Chaque niveau supplémentaire éloigne vos produits de la page d’accueil et dilue la force transmise par le maillage interne. Un repère simple : n’importe quel produit doit être accessible en trois clics depuis l’accueil.

Éviter les catégories qui se chevauchent

C’est le piège le plus courant, et le plus coûteux : les catégories « Promotions », « Nouveautés », « Soldes d’été » ou « Coups de cœur » qui reprennent les mêmes produits que les vraies catégories. Pour Google, ce sont autant de pages quasi identiques qui se disputent les mêmes requêtes. On parle de cannibalisation.

Trois options selon le cas : les fusionner avec une vraie catégorie, les garder pour la navigation mais les passer en noindex, ou leur donner une vraie raison d’exister (un texte, une sélection réellement différente).

4. Optimiser une page catégorie Odoo

Une catégorie bien choisie mais laissée en l’état reste une grille de produits sans contexte. Pour qu’elle se positionne, il faut lui donner ce qu’Odoo ne génère pas tout seul.

  • Des métadonnées propres à chaque catégorie. Un title et une meta description uniques, qui reprennent la requête visée. Sur la page catégorie publiée, l’outil « Optimiser le SEO » du site permet de les renseigner.
  • Une URL lisible. Le nom de la catégorie se retrouve dans l’URL. Choisissez-le en conséquence dès la création : le renommer plus tard change l’URL et impose une redirection.
  • Un texte d’introduction court. Deux ou trois phrases au-dessus de la grille, qui disent au visiteur et à Google ce que contient la page. Un texte plus long peut prendre place sous les produits : conseils de choix, différences entre gammes, questions fréquentes.
  • Un maillage soigné. Fil d’Ariane, liens vers les sous-catégories et vers les catégories voisines. Chaque lien aide Google à comprendre la structure et transmet de la force aux pages liées.

Le piège du bloc partagé

Le constructeur de site d’Odoo permet de glisser des blocs sur la page boutique. Selon la version et le thème, un bloc ajouté sur la page d’une catégorie peut s’afficher sur toutes les autres. Résultat : le même texte « unique » répété sur chaque catégorie, soit exactement l’inverse de l’effet recherché. Vérifiez sur deux ou trois catégories que chaque texte n’apparaît qu’à sa place.

Comment vérifier

  • Inspection d’URL dans la Search Console pour confirmer que la catégorie est indexée et que Google voit bien le texte.
  • Recherche site: sur Google (par exemple site:votresite.be/shop/category) pour voir quelles catégories sont réellement présentes dans l’index.
  • Un crawl du site (Screaming Frog, gratuit jusqu’à 500 URL) pour repérer les titles et meta descriptions en double ou vides.
Rendez-vousVotre e-shop Odoo ne décolle pas sur Google ? Je regarde votre arborescence et vos filtres avec vous. On en parle ?

5. Navigation à facettes sur Odoo : d’où viennent les milliers de pages en double

La navigation à facettes, ce sont les filtres qui permettent au visiteur d’affiner une catégorie : couleur, taille, matière, prix. Pour l’utilisateur, c’est un confort indispensable. Pour Google, c’est souvent un labyrinthe.

Le symptôme

Dans la Search Console, le rapport « Pages » affiche des milliers d’URL « Explorée, actuellement non indexée » ou « Page en double sans URL canonique sélectionnée par l’utilisateur ». Pour une boutique de quelques centaines de produits, ce chiffre n’a aucun sens. Il a pourtant une explication simple.

Pages en double générées par les filtres d’un e-shop Odoo

Le mécanisme

Sur Odoo, chaque filtre activé modifie l’URL de la page. Les paramètres les plus courants sont les suivants :

  • attrib= pour les attributs (couleur, taille…) ;
  • min_price= et max_price= pour le filtre de prix ;
  • order= pour le tri (prix croissant, nouveautés, nom…) ;
  • ppg= pour le nombre de produits par page ;
  • /page/2, /page/3… pour la pagination ;
  • search= pour la recherche interne.

Ces paramètres se combinent entre eux, et c’est là que tout s’emballe. Prenons une catégorie avec trois attributs de quatre valeurs chacun, toutes cochables ensemble. Cela donne, en théorie, 4 096 combinaisons de filtres. Multipliées par cinq ordres de tri, on dépasse les 20 000 URL pour une seule catégorie, avant même de compter la pagination et le prix.

Toutes ces pages affichent à peu près les mêmes produits, avec le même texte et le même title.

Les conséquences

  • Un budget de crawl gaspillé. Google consacre un temps limité à chaque site. S’il le passe à explorer des variantes de filtres, il en passe moins sur vos nouvelles catégories et vos nouveaux produits.
  • Des pages en double. Google doit choisir lui-même quelle version garder, et ne choisit pas toujours la bonne.
  • Des signaux dilués. Les liens internes et la pertinence se répartissent sur des centaines de variantes au lieu de se concentrer sur la page catégorie.

Ce qu’Odoo gère nativement, et ce qu’il faut corriger soi-même

Odoo n’est pas démuni face aux facettes. Depuis la version 19, il génère une balise canonical sur ses pages, censée indiquer à Google la version de référence. Mais son comportement exact sur les URL filtrées, triées ou paginées varie selon les versions. Il en va de même pour le lien des fiches produit consultées depuis une catégorie, qui peut porter un paramètre ?category=.

Une chose est sûre : la balise canonical est une indication, pas un ordre. Google peut l’ignorer, et surtout, elle ne l’empêche pas de visiter les pages.

Noindex ne veut pas dire « ne pas crawler »

C’est l’idée reçue la plus répandue sur le sujet, et celle qui coûte le plus cher. Une page en noindex n’apparaît pas dans les résultats, mais Google continue de la visiter, régulièrement, pour vérifier si la consigne a changé. Mettre vos milliers d’URL de filtres en noindex nettoie l’index, mais ne règle en rien le gaspillage de crawl.

Pour que Google arrête de visiter ces pages, il faut bloquer le motif d’URL dans le fichier robots.txt. Deux précautions s’imposent :

  • Un blocage robots.txt empêche Google de lire le noindex. Si des pages filtrées sont déjà indexées, passez-les d’abord en noindex, attendez qu’elles sortent de l’index, puis bloquez-les.
  • Une règle mal écrite peut bloquer vos vraies catégories, voire tout le site. Testez chaque règle avant de la publier.

Les règles robots.txt adaptées à Odoo, où les modifier et comment vérifier ce qui est réellement servi (y compris derrière Cloudflare) sont détaillées dans le volet 2 de ce guide, publié chez Nexuro.

Limiter les filtres à la source

Le meilleur moyen de réduire le nombre d’URL parasites reste de ne pas les créer. Dans Odoo, chaque attribut produit dispose d’un réglage de visibilité dans les filtres de la boutique. Un attribut utile pour la gestion (référence fournisseur, conditionnement) mais sans intérêt pour le client n’a rien à faire dans les filtres. Chaque filtre retiré, ce sont des centaines de combinaisons en moins.

Que faire de chaque type d’URL ?

Quelles URL d’un e-shop Odoo indexer ou bloquer
Type d’URLExempleRecommandation
Catégorie/shop/category/trail-12Indexer. C’est la page à pousser.
Pagination/shop/category/trail-12/page/2Laisser explorer, pour que Google atteigne tous les produits.
Tri?order=list_price+ascBloquer l’exploration. Aucune valeur de recherche.
Produits par page?ppg=24Bloquer l’exploration.
Recherche interne?search=…Bloquer l’exploration.
Filtre de prix?min_price=…Bloquer l’exploration.
Filtre d’attribut?attrib=…Bloquer, sauf si la combinaison répond à une vraie recherche. Dans ce cas, créer une catégorie (voir ci-dessous).

6. Quand un filtre doit devenir une vraie catégorie

Bloquer les facettes ne veut pas dire renoncer à tout ce qu’elles contiennent. Certaines combinaisons correspondent exactement à ce que vos clients tapent : « chaussures de trail femme », « vélo électrique cargo », « canapé d’angle convertible ». Laissées sous forme de filtre, elles restent invisibles. Transformées en catégorie, elles deviennent des pages de destination à part entière.

Le critère est simple : la combinaison répond-elle à une recherche réelle, formulée en ces termes par vos clients ? Si oui, elle mérite sa propre page.

La méthode tient en quatre étapes :

  1. Créer la catégorie e-commerce correspondante, en sous-catégorie si c’est logique (« Trail » → « Trail femme »).
  2. Y rattacher les produits concernés. Sur Odoo, un produit peut appartenir à plusieurs catégories e-commerce sans problème.
  3. Lui donner un contenu propre : title, meta description, texte d’introduction, comme pour toute catégorie.
  4. L’intégrer au maillage : lien depuis la catégorie parente, depuis le menu si elle est importante, depuis les fiches produit.

Le filtre peut rester disponible pour la navigation. Mais c’est la catégorie, avec son URL propre, que vous poussez auprès de Google.

Checklist : l’architecture de votre e-shop Odoo en 10 points

  • Vos catégories e-commerce sont construites indépendamment de vos catégories internes.
  • Chaque catégorie correspond à une recherche réelle de vos clients.
  • Chaque catégorie contient au moins quatre ou cinq produits.
  • Aucune catégorie ne reprend presque les mêmes produits qu’une autre.
  • Votre arborescence ne dépasse pas trois niveaux.
  • Chaque catégorie a un title et une meta description uniques.
  • Chaque catégorie a son propre texte, qui ne s’affiche nulle part ailleurs.
  • Les filtres inutiles pour le client sont masqués dans la boutique.
  • Les URL de tri, de recherche et de filtres sont bloquées à l’exploration (voir le volet 2).
  • Les combinaisons de filtres recherchées par vos clients ont été transformées en catégories.

Questions fréquentes

Odoo est-il bon pour le SEO d’un e-shop ?

Oui, à condition de le configurer. Odoo fournit les bases (URL lisibles, métadonnées modifiables, sitemap automatique), mais ne structure pas votre boutique à votre place. Les catégories et les filtres demandent un vrai travail de réglage.

Combien de produits faut-il au minimum dans une catégorie ?

Il n’y a pas de seuil officiel. En pratique, sous quatre ou cinq produits, la page est trop maigre pour répondre à une recherche. Mieux vaut alors la fusionner avec une catégorie voisine. Niveau SEO, le nombre de produits présents a un réel impact sur le ranking de la page.

Faut-il indexer les pages de filtres ?

Non, dans la grande majorité des cas. Seules les combinaisons qui correspondent à une recherche réelle méritent d’être indexées, et la meilleure façon de le faire est de les transformer en vraies catégories.

Quelle différence entre noindex et blocage dans le robots.txt ?

Le noindex retire une page des résultats, mais Google continue de la visiter. Le robots.txt empêche Google de la visiter, mais une page déjà indexée peut y rester. Les deux ne se combinent pas sur une même URL : Google ne peut pas lire un noindex sur une page qu’il n’a pas le droit de visiter.

Un produit peut-il être dans plusieurs catégories sans créer de doublon ?

Oui. Sur Odoo, un produit peut appartenir à plusieurs catégories e-commerce. Vérifiez simplement que sa fiche garde une seule URL de référence, quelle que soit la catégorie depuis laquelle on y accède.

Faut-il vraiment du texte sur les pages catégories ?

Oui. Sans texte, une catégorie n’est qu’une grille de produits, difficile à distinguer pour Google. Quelques phrases au-dessus des produits suffisent pour commencer, à condition qu’elles soient propres à chaque catégorie.

À retenir

  • Le potentiel SEO d’un e-shop Odoo se joue d’abord dans ses catégories, pas dans ses fiches produit.
  • Catégories e-commerce et catégories internes sont deux systèmes distincts : ne laissez pas la logique comptable dicter votre boutique.
  • Une catégorie légitime répond à une recherche réelle, contient assez de produits et ne double aucune autre page.
  • Chaque filtre crée une URL : une seule catégorie peut en générer des milliers. Masquez les filtres inutiles et bloquez les autres à l’exploration.
  • Noindex retire une page de l’index, pas du crawl. Pour stopper le gaspillage, c’est le robots.txt.
  • Un filtre que vos clients recherchent mérite de devenir une catégorie, avec sa propre page.

Et maintenant ? Votre architecture est en place. Reste à vous assurer que Google et les IA explorent les bonnes pages : sitemap, robots.txt, crawlers IA. C’est l’objet du volet 2, publié chez Nexuro.

Les auteurs

Renaud De Harlez est consultant SEO et formateur en marketing digital, basé à Braine-le-Comte. Il accompagne les PME, indépendants et associations dans leur stratégie de référencement et la création de leurs sites, notamment sur Odoo.

Timothy Jacqmin est co-fondateur de Nexuro Digital, agence marketing digital et Partenaire Officiel Odoo en Belgique. Il accompagne les entreprises dans leur référencement, leurs mises à jour Odoo et leur visibilité dans les moteurs IA.

Renaud De Harlez
Écrit parRenaud De Harlez

Consultant SEO et créateur de sites web à Braine-le-Comte. Ancien journaliste, formateur à l'IFAPME.

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